
Du 16 au 27 mai 2026, une délégation malgache conduite par la Fondation pour les Aires Protégées et la Biodiversité de Madagascar (FAPBM) a mené une campagne stratégique aux Etats-Unis, avec des rencontres à New York puis à Washington D.C., dans le cadre de la campagne « Building Conservation Partnerships for Madagascar’s Critical Landscapes ». Organisée avec l’appui de l’Ambassade de Madagascar aux Etats-Unis, en partenariat avec le Ministère de l’Environnement et du Développement Durable (MEDD), Madagascar National Parks (MNP) et le GERP Madagascar, cette initiative marque une nouvelle étape dans la mobilisation internationale en faveur des paysages critiques de Madagascar.
Cette campagne s’inscrit dans une évolution majeure des approches de conservation : passer d’interventions fragmentées, centrées sur des projets ou des aires protégées isolées, à une conservation pensée à l’échelle de grands paysages et écosystèmes interconnectés. Elle repose sur la conviction que la mise en commun des expertises, des ressources et des capacités des différents acteurs permet de multiplier l’impact des investissements en faveur de la biodiversité.
A travers une série de rencontres de haut niveau à New York puis à Washington D.C., la délégation a porté une ambition commune : faire de Madagascar un partenaire incontournable des grandes initiatives mondiales en faveur de la biodiversité, du climat et du développement durable. Il s’agissait surtout de mobiliser des partenaires autour d’une vision commune de la conservation, fondée sur des investissements coordonnés, des partenariats de long terme et un leadership renforcé des acteurs malgaches.
La délégation comprenait notamment le Dr Rija Ranaivoarison, Directeur Exécutif de la FAPBM, Madame Ony Rakotoarisoa, Directeur Général de MNP, le Pr Jonah Ratsimbazafy, Directeur du GERP, ainsi que Son Excellence Madame Rakotomalala Solo Andry Lantosoa, Ambassadrice de Madagascar aux États-Unis, et des membres de son équipe.
Une nouvelle approche de la conservation
Madagascar compte aujourd’hui 146 aires protégées, dont 21 nouvellement créées en 2026, et s’est engagé dans l’atteinte des objectifs du Cadre mondial de la biodiversité et du 30×30. Mais malgré ces engagements, de nombreuses zones clés pour la biodiversité et corridors écologiques manquent encore d’investissements coordonnés et durables pour prévenir des pertes irréversibles.
Face à ce constat, la FAPBM et ses partenaires ont développé depuis 2023 une approche de conservation à l’échelle des paysages, la démarche « Conservation Partnerships », qui vise à réunir, au sein de grands systèmes écologiques interconnectés, les ONG nationales et internationales, les communautés, les institutions publiques et les partenaires financiers autour d’une stratégie commune. L’objectif est de dépasser la logique de projets isolés et de construire des systèmes de conservation plus cohérents, durables et capables de générer un impact à long terme.
Dans cette approche, les bailleurs et philanthropes ne sont plus considérés comme de simples contributeurs : ils deviennent de véritables partenaires d’un effort collectif de conservation, participant à une vision stratégique et équilibrée à l’échelle du paysage.
Cette approche, déjà testée dans trois paysages pionniers, a démontré des résultats concrets : une meilleure gestion des aires protégées, une coordination renforcée entre partenaires, une utilisation plus efficace des financements, et un renforcement des organisations malgaches de conservation. Les premiers résultats montrent également des habitats restaurés et des communautés davantage autonomisées, confirmant le potentiel d’une approche collective et coordonnée.
Fortes de ces premiers résultats, la FAPBM et MNP portent désormais l’ambition d’étendre ce modèle à trois nouveaux paysages et mosaïques terre-mer d’importance mondiale : les forêts humides montagneuses du Nord, les forêts sèches et épineuses du Sud-Ouest, et les forêts humides du Sud-Est.

Mobiliser des investissements durables
Les rencontres organisées à New York, notamment avec la Bloomberg Foundation et la Wildlife Conservation Society (WCS), ont permis de présenter cette vision et d’échanger sur les leviers nécessaires pour accompagner son déploiement.
Les discussions ont porté sur le renforcement des mécanismes de financement durable, le développement des solutions fondées sur la nature et du financement carbone, la mobilisation progressive du secteur privé, ainsi que le potentiel de l’écotourisme et des infrastructures pour soutenir le développement des territoires.
A Washington D.C., les échanges se sont poursuivis avec plusieurs acteurs internationaux engagés dans la conservation, notamment Rainforest Trust, le Fonds pour l’Environnement Mondial (GEF), Conservation International, ainsi que RAN.AI. Les participants ont notamment souligné l’importance de renforcer les approches ESG (Environnement, Social, Gouvernance), d’améliorer la coordination entre les secteurs de l’environnement, des finances et des mines, et de développer des mécanismes d’investissement capables d’accompagner les ambitions de conservation de Madagascar sur le long terme.
La campagne bénéficie déjà de l’engagement de co-financeurs majeurs, notamment la Fondation Hempel et l’ONG américaine Conservation Allies, aux côtés des financements propres de la FAPBM — une dynamique que le Roadshow visait précisément à élargir.
Ces engagements illustrent le principe central de la campagne : créer un effet de levier en rassemblant plusieurs sources de financement autour d’une même vision de conservation, plutôt que de multiplier des interventions isolées. La FAPBM met ainsi à disposition une plateforme fiduciaire capable de sécuriser les investissements et de favoriser leur utilisation plus efficace au bénéfice des acteurs nationaux et locaux de la conservation.

La FAPBM, un catalyseur de partenariats
Plus grande fondation de conservation en Afrique, la FAPBM soutient aujourd’hui 75 des 146 aires protégées de Madagascar. Au-delà de son rôle de financement, elle se positionne comme une plateforme fiduciaire et un facilitateur de partenariats, capable de réunir différents acteurs autour d’objectifs communs et de favoriser une utilisation plus stratégique et coordonnée des ressources.
Cette mission a également permis de mettre en lumière l’un des principaux atouts de Madagascar : des institutions nationales solides, reconnues pour leur engagement en faveur de la conservation. Avec plus de vingt ans d’expérience, la FAPBM a démontré sa capacité à mobiliser des partenaires, gérer durablement les financements et accompagner la protection des aires protégées. Cette expertise constitue aujourd’hui un véritable gage de confiance pour les partenaires internationaux.
Reconnue comme le plus grand fonds fiduciaire de conservation en Afrique, la FAPBM a présenté son mécanisme de financement de long terme comme un levier essentiel pour sécuriser les investissements dédiés à la biodiversité. Son rôle de catalyseur entre institutions publiques, partenaires techniques et financiers, secteur privé et communautés a été largement salué au cours des échanges.

Une ambition collective pour l’avenir
Au-delà de la mobilisation de nouveaux financements, cette mission visait à consolider une coopération internationale plus coordonnée, où les institutions malgaches occupent un rôle moteur dans la définition et la mise en œuvre des stratégies de conservation.
Elle a permis de sensibiliser les partenaires ciblés à l’approche « Conservation Partnerships », de présenter les trois nouveaux paysages prioritaires, de renforcer le positionnement de la FAPBM comme plateforme fiduciaire crédible, et d’identifier de nouvelles opportunités de collaboration et de co-financement autour des paysages prioritaires de conservation à Madagascar.
La campagne porte ainsi une ambition qui dépasse la seule recherche de financements : construire, sur environ trois ans, des partenariats diversifiés et résilients pour chacun des paysages prioritaires, en associant investissements flexibles et coordonnés, leadership national, équité et bien-être humain, afin de produire des impacts mesurables et durables pour les populations et la nature.
En portant la campagne « Building Conservation Partnerships for Madagascar’s Critical Landscapes », la FAPBM réaffirme sa mission : fédérer les acteurs autour d’une vision commune, catalyser des investissements durables et renforcer les capacités nationales pour construire des systèmes de conservation efficaces à l’échelle des paysages. L’enjeu est de transformer des efforts jusque-là fragmentés en systèmes de conservation durables, capables de préserver les paysages exceptionnels de Madagascar et les bénéfices qu’ils apportent aux populations, à la biodiversité et aux générations futures.