Publié le 1 juin 2026

Depuis sa création en 2005, la Fondation pour les Aires Protégées et la Biodiversité de Madagascar (FAPBM) a fait du partenariat un pilier fondamental de son action. Avec un capital de 157 millions de dollars et le soutien financier de 75 aires protégées à travers le pays, la Fondation ne pourrait atteindre ces résultats sans un réseau solide de partenaires institutionnels, techniques et communautaires.

Dans un contexte où les défis environnementaux dépassent les capacités d’un acteur isolé, la FAPBM a développé une approche collaborative qui mobilise les forces de chacun au service d’un objectif commun : protéger durablement le patrimoine naturel unique de Madagascar.

Un modèle partenarial au service de la conservation

La FAPBM n’est pas un gestionnaire direct d’aires protégées. Son rôle est celui d’un catalyseur financier qui met en relation les ressources disponibles avec les besoins du terrain. Ce positionnement stratégique implique de travailler main dans la main avec une diversité d’acteurs : bailleurs de fonds internationaux, ministères malgaches, ONG de conservation, gestionnaires d’aires protégées et communautés locales.

Cette architecture partenariale repose sur un principe simple : chaque acteur apporte son expertise spécifique. Les bailleurs fournissent les ressources financières. Les institutions publiques définissent le cadre réglementaire. Les ONG mettent en œuvre les programmes sur le terrain. Les communautés à travers la direction des gestionnaires d’aires protégées assurent la surveillance quotidienne et bénéficient des retombées économiques. La FAPBM, elle, assure la gestion financière et garantit la pérennité des flux grâce à son fonds de dotation.

Ce modèle a fait ses preuves. En vingt ans, il a permis de structurer un écosystème de conservation robuste, capable de résister aux aléas politiques et économiques qui ont secoué Madagascar.

Des partenaires institutionnels engagés sur le long terme

Le succès de la FAPBM repose d’abord sur la confiance de ses partenaires financiers historiques. Parmi eux, l’Allemagne occupe une place centrale à travers la KfW, sa banque de développement. Ce partenariat, initié dès les premières années de la Fondation, s’est renforcé au fil du temps. La table ronde coorganisée par la FAPBM et la KfW à Francfort en septembre 2025 a confirmé cet engagement de long terme, avec des perspectives de financement ambitieuses pour les années à venir.

D’autres bailleurs bilatéraux et multilatéraux contribuent également au capital de la FAPBM : la France à travers l’Agence Française de Développement (AFD), l’Union Européenne, la Banque Mondiale, ou encore des fondations philanthropiques internationales. Cette diversité de sources constitue un atout majeur : elle réduit la dépendance à un seul bailleur et garantit une stabilité financière essentielle pour des actions de conservation qui s’inscrivent dans le temps long.

Au niveau national, la FAPBM entretient des relations étroites avec le Ministère de l’Environnement et du Développement Durable. Cette collaboration permet d’aligner les financements sur les priorités nationales et de renforcer la cohérence des interventions sur le terrain. Le plan stratégique de la Fondation s’inscrit ainsi dans la vision gouvernementale pour la protection des aires protégées.

Les ONG et gestionnaires de terrain : des partenaires opérationnels indispensables

Si les partenaires financiers fournissent les ressources, ce sont les acteurs de terrain qui transforment ces moyens en impacts concrets. La FAPBM travaille avec l’ensemble des gestionnaires d’aires protégées de Madagascar, qu’ils soient publics ou privés.

Madagascar National Parks, organisme en charge des parcs nationaux, constitue un partenaire privilégié et est le premier gestionnaire ayant bénéficié des premiers fonds de la FAPBM en 2007. Depuis l’année 2025, la FAPBM finance 42 aires protégées sur les 43 gérées par MNP. La Fondation finance une partie significative de ses opérations, permettant d’assurer la surveillance des sites, la maintenance des infrastructures et l’accueil des visiteurs. Ce soutien régulier garantit une continuité opérationnelle que les financements ponctuels ne pourraient assurer.

Au-delà des parcs nationaux, la FAPBM accompagne de 19 ONG de conservation qui gèrent des aires protégées communautaires ou privées, appelées « Nouvelles aires protégées ». Ces organisations, souvent plus agiles, développent des approches innovantes adaptées aux contextes locaux. Le rôle de la Fondation est de leur apporter un appui financier stable tout en respectant leur autonomie de gestion.

Les projets et programmes soutenus couvrent l’ensemble du territoire malgache, des forêts humides de l’Est aux formations épineuses du Sud, en passant par les mangroves de l’Ouest et les récifs coralliens. Cette diversité géographique reflète la richesse des partenariats noués au fil des années.

Les communautés locales : partenaires de première ligne

La conservation ne peut réussir sans l’adhésion des populations qui vivent au contact des aires protégées. C’est pourquoi la FAPBM a fait des communautés locales des partenaires à part entière de son dispositif à travers les gestionnaires d’aires protégées.

Ce partenariat prend plusieurs formes. D’abord, le financement d’activités génératrices de revenus qui offrent des alternatives économiques durables à l’exploitation des ressources naturelles. Ensuite, le soutien aux associations communautaires qui participent à la surveillance et à la gestion des sites. Enfin, l’appui à des projets d’éducation environnementale qui sensibilisent les jeunes générations à l’importance de la biodiversité.

Cette approche se traduit concrètement à travers les mécanismes de financement mis en œuvre par la FAPBM en partenariat avec les gestionnaires d’aires protégées. Les appuis financiers sont ainsi déployés via ces gestionnaires, qui assurent la mise en œuvre d’activités et des micro-projets portés par les communautés riveraines des aires protégées ou les impliquant directement. Agriculture durable, écotourisme, artisanat local : les initiatives soutenues sont diverses mais partagent un objectif commun : démontrer que protection de la nature et amélioration des conditions de vie peuvent aller de pair.

Partenariat et mécanismes de financement dans la conservation

La FAPBM joue également un rôle important dans la mobilisation et la gestion de financements destinés à soutenir les initiatives de conservation à Madagascar. Dans ce cadre, elle intervient dans plusieurs projets majeurs tels que GEF6-AMP, BRIDGE et les financements de la Fondation Hempel.

  • Projet GEF6-AMP : Dans le cadre de ce programme financé par le Global Environment Facility (GEF) et mis en œuvre par World Wide Fund for Nature (WWF), la FAPBM a reçu le mandat de gérer un fonds d’environ 6 209 404 USD. Ce financement vise l’extension et la consolidation des aires marines protégées à Madagascar sur la période 2020-2024, afin de renforcer la conservation de la biodiversité marine.
  • Projet BRIDGE : La FAPBM bénéficie également de la mise en œuvre du projet BRIDGE, une initiative conjointe du Consortium Africain des Fonds Environnementaux (CAFÉ) et du RedLAC, financé par le FFEM (Fonds Français pour l’Environnement Mondial). Ce projet vise à créer des partenariats stratégiques entre le secteur privé et les fonds environnementaux, comme la FAPBM, afin de réduire le déficit de financement dans le domaine de la conservation.
  • Financements de la Fondation Hempel : Pour soutenir la conservation des paysages forestiers prioritaires à Madagascar, la Fondation Hempel accorde à la FAPBM un appui financier pluriannuel. Ces financements contribuent à des actions de conservation dans des zones clés telles que le Parc National d’Ankarafantsika, le paysage forestier des baobabs de l’Ouest et le paysage Ala Hiriky Mandrare.

Ainsi, à travers ces différents programmes, la FAPBM agit comme un mécanisme financier central permettant de canaliser, gérer et sécuriser les financements dédiés à la conservation de la biodiversité et des aires protégées à Madagascar.

Des impacts mesurables sur le terrain

Les partenariats stratégiques de la FAPBM se traduisent par des résultats concrets. Chaque année, les fonds redistribués permettent de financer des patrouilles de surveillance, des programmes de reboisement, des formations pour les gestionnaires et des projets communautaires.

L’efficacité de gestion des aires protégées du SAPM est mesurée par le METT (Management Effectiveness Tracking Tool). Les scores de cet outil d’évaluation ont montré en 2024 un niveau d’efficacité stable à 73% pour les AP gérées par MNP par rapport à l’année 2023. Par contre, il y a eu une légère diminution des scores METT pour les NAP entre 2023 et 2024 : de 79% en 2023, le score en 2024 était de 76%. Ceci est dû à l’intégration de 05 nouvelles aires protégées dans la portefeuille des financements de la FAPBM. Dans un contexte où les pressions sur les écosystèmes et les ressources naturelles des aires protégées restent fortes, ces scores montrent un impact positif des financements pérennes, ce que démontre les scores élevés pour les aires protégées financées par la FAPBM.

En effet, les sites bénéficiant d’un financement régulier affichent de meilleurs scores en matière de gestion, une biodiversité mieux préservée et une implication communautaire plus forte. Ce cercle vertueux démontre qu’un financement stable, adossé à des partenariats solides, produit des impacts durables.

Du côté des impacts sur les communautés, les résultats sont également quantifiables : le nombre d’emplois créés autour des aires protégées a atteint 3 340 en 2024, avec 31 chaînes de valeur soutenues (contre 19 l’année précédente), et le nombre de bénéficiaires directs des retombées économiques est passé de 12 675 en 2020 à 49 181 en 2024.

Ce cercle vertueux démontre qu’un financement stable, adossé à des partenariats solides, produit des impacts durables tant sur la gestion des aires protégées que sur l’amélioration des conditions de vie des populations vivant à leurs abords.

Au-delà des chiffres, ce sont des milliers de familles qui voient leurs conditions de vie s’améliorer grâce aux retombées économiques de la conservation. Des espèces emblématiques comme les lémuriens bénéficient d’habitats mieux protégés. Des écosystèmes dégradés retrouvent progressivement leur vitalité.

Renforcer les partenariats pour relever les défis de demain

Face à l’intensification des pressions sur la biodiversité malgache, la FAPBM entend renforcer et élargir son réseau de partenaires. Plusieurs axes guident cette ambition.

Le premier consiste à diversifier les sources de financement en mobilisant de nouveaux acteurs : secteur privé, fondations philanthropiques, mécanismes de finance verte. La table ronde de Francfort a ouvert des perspectives prometteuses dans cette direction, avec des marques d’intérêt de la part d’investisseurs sensibles aux enjeux environnementaux.

Le deuxième axe vise à renforcer les capacités des partenaires de terrain. Former les gestionnaires, accompagner les ONG dans leur professionnalisation, structurer les organisations communautaires : autant d’actions qui démultiplient l’impact des financements.

Enfin, la FAPBM souhaite partager son expérience avec d’autres fonds fiduciaires environnementaux à travers le monde. Les partenariats Sud-Sud et la coopération régionale constituent des leviers pour diffuser les bonnes pratiques et inspirer des modèles similaires sur le continent africain.

Un modèle de collaboration au service du vivant

L’histoire de la FAPBM démontre qu’aucun acteur ne peut, seul, relever le défi de la conservation à Madagascar. C’est la force des partenariats stratégiques qui permet de mobiliser les ressources nécessaires, de coordonner les interventions et de garantir des impacts durables sur le terrain.

En plaçant la collaboration au cœur de son modèle, la Fondation a su construire un écosystème de conservation résilient, capable de s’adapter aux évolutions du contexte tout en maintenant le cap sur ses objectifs de long terme. Cette approche partenariale constitue un héritage précieux pour les vingt prochaines années.

Pour Madagascar, dont la biodiversité unique au monde est un trésor planétaire, ces partenariats ne sont pas un luxe mais une nécessité. Ils incarnent une conviction partagée : protéger la nature est une responsabilité collective qui exige l’engagement de tous.

Pour découvrir les partenaires et projets soutenus par la FAPBM, consultez la page : Projets et Programmes.