Publié le 16 juin 2026

Lors de la 11e Conférence « Our Ocean », qui s’est tenue du 16 au 18 juin 2026 à Mombasa, au Kenya, le WWF Madagascar a lancé le Fonds pour la biodiversité marine et la résilience des communautés (MCRF). Cette structure de financement mixte, dotée de 11 millions de dollars américains, marque un tournant décisif dans le sud-ouest de l’océan Indien (SWIO), en reliant directement le financement international à la gestion responsable par les communautés locales et en s’éloignant de la dépendance traditionnelle vis-à-vis des subventions.

S’appuyant sur une longue histoire de collaboration, le WWF Madagascar et la FAPBM ont uni leurs forces pour la conception et la mise en œuvre de ce mécanisme — un partenariat qui restera fondamental à mesure que le MCRF entrera en opération. Dans ce contexte, la FAPBM, en tant que Fonds fiduciaire national pour la conservation (CTF), joue un double rôle dans la co-conception et le soutien à la mise en œuvre de mécanismes de financement à long terme pour la conservation marine à Madagascar, en veillant à l’alignement avec l’architecture nationale de financement de la conservation.

Donner aux communautés côtières les moyens d’agir en tant que principaux gardiens de la nature

Les communautés côtières sont les principales gardiennes des écosystèmes marins, mettant en œuvre une gouvernance locale qui garantit une conservation durable. Pourtant, elles souffrent d’un grave manque de financement et sont exclues des systèmes financiers traditionnels. Ce problème est particulièrement grave à Madagascar, qui abrite l’un des plus vastes réseaux au monde de zones marines gérées localement (LMMAs), couvrant plus de 1,8 million d’hectares. Malgré leur rôle essentiel dans la protection de la nature à Madagascar, ces communautés manquent souvent d’infrastructures financières leur permettant d’accéder à des financements à long terme.

Pour relever ce défi, le MCRF s’appuie sur les institutions nationales de financement de la conservation existantes, notamment les fonds fiduciaires de conservation tels que le FAPBM et Tany Meva, qui jouent un rôle clé d’intermédiaires financiers pour canaliser et pérenniser les investissements à long terme en faveur de la conservation.

Pour combler ce fossé, le MCRF met en place un mécanisme en trois volets :

  • Un fonds de dotation visant à garantir un financement fiable et à long terme dédié à la gestion marine pilotée par les communautés.
  • Un mécanisme de garantie destiné à débloquer des microcrédits locaux pour les entrepreneurs côtiers qui se reconvertissent vers des moyens de subsistance durables dans le cadre de l’économie bleue.
  • Un mécanisme d’assistance technique visant à développer un vivier d’entreprises respectueuses de la nature, capables d’attirer de futurs investissements à impact social.

Ensemble, ces trois mécanismes complémentaires forment un système de financement intégré conçu pour répondre à la fois aux besoins immédiats et à la durabilité à long terme des communautés côtières.

Développer des moyens de subsistance économiques pour protéger les écosystèmes

Le MCRF reconnaît que la surexploitation marine est souvent due à un manque d’alternatives économiques plutôt qu’à un manque de sensibilisation. Le véritable succès de la conservation repose sur la création de voies économiques durables qui permettent aux communautés côtières de prospérer tout en réduisant la pression sur les ressources naturelles.

Ce système de financement intégré devrait avoir un impact systémique significatif. Au cours des vingt prochaines années, le MCRF devrait mobiliser environ 114 millions de dollars, renforcer plus de 12 000 petites entreprises, améliorer la gestion de 400 000 hectares de mangroves et de récifs coralliens, et avoir un impact positif sur plus de 1,5 million de personnes à Madagascar.

Une partie de ces ressources sera acheminée par le biais des structures de financement nationales existantes, notamment le FAPBM, afin de garantir une mise en œuvre efficace et une harmonisation avec l’architecture de financement de la conservation à Madagascar.

Si le MCRF est solidement ancré à Madagascar, le cadre sur lequel il repose est conçu pour être déployé à plus grande échelle. Alors que les dirigeants mondiaux se réunissent au Kenya pour concrétiser les ambitions de protection des océans du programme « 30×30 », le WWF et ses partenaires se préparent déjà à étendre ce modèle à d’autres pays de la région, notamment le Mozambique et la Tanzanie.