
Du 28 au 30 juin 2026, Morondava, chef-lieu de la région Menabe, a accueilli la célébration conjointe de la Journée Internationale de la Biodiversité (JIB), de la Journée Mondiale de l’Environnement (JME) et de la Journée Mondiale de Lutte contre la Désertification et la Sécheresse (JMDS). Placé sous le thème national « Restaurer les terres, préserver la biodiversité et agir pour le climat : des solutions locales pour une résilience durable », l’événement a réuni le Ministère de l’Environnement et du Développement Durable (MEDD), les collectivités territoriales, les partenaires techniques et financiers, la société civile et les communautés locales. La Fondation pour les Aires Protégées et la Biodiversité de Madagascar (FAPBM) y a pris part aux côtés du Ministère, en tant que garant financier de la conservation à Madagascar.

Un territoire aux enjeux vitaux
Le choix de Morondava n’est pas anodin. Chef-lieu de la région Menabe, la ville est à la fois vitrine et sentinelle de la biodiversité malgache : forêts sèches uniques, mythique Allée des Baobabs, mais aussi une pression environnementale croissante — déforestation, agriculture extensive, sécheresses répétées. Madagascar figure parmi les dix pays les plus vulnérables au changement climatique au monde selon l’indice ND-GAIN 2023, alors qu’il ne contribue qu’à moins de 0,2 % des émissions mondiales. Treize régions, dont le Menabe, sont aujourd’hui touchées par la désertification, et 35 % du territoire national subit une sécheresse extrême. Organiser ces célébrations à Morondava, c’est ancrer le débat national au cœur même des territoires qui en paient le prix.
Dans cette région, la FAPBM finance trois aires protégées majeures qui forment un même ensemble écologique autour de Morondava : le Paysage Harmonieux Protégé de Menabe Antimena, sur plus de 200 000 hectares, la Réserve Spéciale d’Andranomena, et le Parc National de Kirindy Mitea, reconnu Réserve de biosphère par l’UNESCO et couvrant environ 156 000 hectares de forêts sèches, de mangroves et de lacs littoraux. Ensemble, ces sites abritent des espèces que l’on ne trouve nulle part ailleurs au monde, à commencer par le microcèbe “Madame Berthe”, le plus petit primate de la planète, aux côtés du fosa, du rat sauteur géant et de la tortue à queue plate. Ce paysage bénéficie notamment du soutien de la Fondation danoise Hempel, co-financeur de la FAPBM, à travers un projet dédié à la protection des forêts de baobabs de l’Ouest de Madagascar et à la sécurisation des moyens de subsistance des communautés qui en dépendent.

Le capital naturel, un investissement stratégique
Dès l’ouverture des célébrations le 28 juin, la FAPBM a réaffirmé un message clé : Les aires protégées sont une source de vie, aujourd’hui et pour les générations futures. Depuis 20 ans, la FAPBM les finance pour contribuer à leur préservation et permettre aux communautés de continuer à bénéficier de leurs services écosystémiques. Présente aux côtés du MEDD et de l’ensemble des acteurs de la conservation, la Fondation — premier fonds fiduciaire dédié à la conservation en Afrique — a échangé directement avec les communautés locales de la région Menabe sur l’importance vitale des aires protégées pour leurs moyens de subsistance.

Sur le terrain : protection du littoral et soutien direct aux communautés
La deuxième journée de célébration, le 29 juin, a mis en lumière des actions concrètes de conservation. La matinée a débuté par une démonstration de l’Organe de Lutte contre l’Évènement de Pollution Marine par les Hydrocarbures en Mer (OLEP), qui a déployé, sous la supervision du MEDD, un barrage antipollution sur la plage d’Anosikely. Elle s’est poursuivie par la remise officielle de six pirogues motorisées à Namahora, dans le cadre du projet GEF6-AMP porté par le MEDD, dont la gestion financière est assurée par la FAPBM — une illustration concrète du rôle de la Fondation, qui va au-delà du seul financement des aires protégées pour soutenir directement les moyens de subsistance des communautés côtières.
La journée s’est achevée par une table ronde stratégique consacrée au renforcement de la conservation de la biodiversité dans la région Menabe, organisée autour de trois thématiques : les réserves de biosphère et leurs impacts sur le développement durable des communautés locales, la gestion durable des baobabs, et les pâturages face à l’action climatique.

Une voix portée, un engagement réaffirmé
Au-delà des trois jours de célébration, la participation de la FAPBM à cet événement national illustre sa double vocation : renforcer les synergies avec les institutions et les partenaires techniques et financiers dans son rôle de financeur pérenne, tout en rappelant aux communautés locales que la protection de leurs aires protégées est intimement liée à leur propre avenir. Comme la Fondation l’a rappelé tout au long de ces célébrations, chacun a un rôle à jouer pour protéger ce patrimoine commun.

« Soyons des ambassadeurs de la protection de la biodiversité, en partageant son importance avec notre entourage. »