
Le 23 juin 2026, la Fondation pour les Aires Protégées et la Biodiversité de Madagascar (FAPBM) a tenu sa XXIVe réunion annuelle des contributeurs, au Golf du Rova, à Antananarivo. Ce rendez-vous a réuni ses partenaires techniques et financiers, les membres de son Conseil d’Administration ainsi que l’équipe de la Direction Exécutive.
Moment privilégié de dialogue et de redevabilité, cette rencontre a permis de revenir sur les résultats de l’exercice 2025, de présenter les principaux outils de suivi et de gestion de la Fondation, mais aussi d’échanger sur les défis et les perspectives du financement durable des Aires Protégées de Madagascar.
Un rendez-vous structuré autour du bilan et des perspectives
Après l’ouverture de la réunion par Bruno Rajaspera, Président du Conseil d’Administration, et la présentation de l’ordre du jour par Dr Rija Ranaivoarison, Directeur Exécutif, les échanges ont débuté par une revue de l’année 2025.
La matinée a notamment été consacrée à la présentation des résultats de la Fondation, à une démonstration du Management Information System (MIS), au rapport du Commissaire aux comptes et aux principaux défis et risques auxquels fait face le système des aires protégées à Madagascar.
Les participants ont également pu découvrir en images les actions soutenues au cours de l’année, avant d’aborder la performance des investissements et les pistes de diversification des mécanismes de financement.
L’après-midi s’est poursuivie avec un temps d’échange consacré à la « Voix des contributeurs », permettant aux partenaires de partager leurs perspectives et leurs attentes vis-à-vis de la Fondation.
2025 : une année de consolidation et de croissance
Les résultats présentés lors de la réunion témoignent d’une progression à la fois financière et opérationnelle de la FAPBM.
En 2025, la Fondation disposait de :
- 157,2 millions USD de capital cumulé et d’un portefeuille consolidé de 165,2 millions USD
- 8,92 % de performance du portefeuille, contre un objectif annuel de 5 % fixé par la politique d’investissement
- 12,1 millions USD mobilisés au cours de l’année, dont environ 85% des emplois locaux consacrés directement au financement des aires protégées
- 10 millions USD consacrés au financement des Aires Protégées, contre près de 7,5 millions USD en 2024, soit une progression de 32 %
Sur le terrain, l’impact se traduit en chiffres concrets : la FAPBM appuie désormais 75 Aires Protégées, couvrant plus 6,2 millions d’hectares. Les interventions financées ont bénéficié à plus de 54 800 personnes et permis la création de plus de 3 300 emplois directs, tout en renforçant les capacités des gestionnaires et les moyens de subsistance des communautés riveraines.
La Fondation poursuit ainsi la trajectoire engagée depuis sa création en 2005. En vingt ans, elle a progressivement consolidé son rôle de mécanisme de financement durable de la conservation et soutient aujourd’hui 75 Aires Protégées à travers le pays.
Des résultats de conservation qui se mesurent aussi sur le terrain
Au-delà des financements mobilisés, la FAPBM suit également les résultats associés aux interventions qu’elle soutient.
En 2025, le taux de déforestation enregistré dans les Aires Protégées financées par la FAPBM s’établissait à 0,91 %, contre 1,14 % au niveau national. Cela correspond à 99,09 % de couverture forestière conservée au sein du réseau suivi.
La lutte contre les feux a également constitué un axe important de l’année. À travers le Fonds de lutte contre les feux, plus de 200 000 USD ont été mobilisés en 2025 afin de renforcer la prévention et les capacités de réaction des gestionnaires d’Aires Protégées face aux incendies. Ce mécanisme fait partie des outils développés par la FAPBM pour permettre une mobilisation plus rapide des ressources face aux crises affectant les sites soutenus.

Des données mieux structurées pour renforcer le pilotage
Parmi les temps forts de la réunion figurait la démonstration du Management Information System (MIS), développé avec FOS et avec le soutien de la Fondation Hempel.
Cette plateforme vise à centraliser et à mieux exploiter les données relatives aux interventions de la FAPBM dans les Aires Protégées soutenues. Elle permet notamment de suivre des informations liées à l’état de conservation, à la déforestation, à l’efficacité de gestion des sites ainsi qu’aux résultats socio-économiques des financements.
Le MIS constitue ainsi un nouvel outil pour améliorer le suivi des résultats, faciliter l’analyse des données et renforcer la qualité du reporting auprès des partenaires.

Une gouvernance qui accompagne le développement
La croissance des activités de la FAPBM s’est également accompagnée d’un renforcement de son organisation interne.
En 2025, la Fondation a poursuivi la réorganisation de ses équipes et de ses fonctions, avec notamment la mise en place des directions Opérations et Supports et Programmes et Impacts, ainsi que le renforcement de l’Audit et du Contrôle interne.
Cette évolution vise à adapter les capacités de la Fondation à l’augmentation de son portefeuille, à la diversité de ses mécanismes de financement et aux exigences de ses partenaires.
Le rapport du Commissaire aux comptes présenté lors de la réunion a par ailleurs confirmé une opinion sans réserve sur les états financiers 2025. Sur les recommandations issues des exercices précédents, 48 sur 59 ont été mises en œuvre, soit un taux d’exécution de 87,3 %.
Un plan d’action 2026 a également été présenté autour de cinq priorités : qualité documentaire, passation des marchés, suivi des partenaires, gestion des risques et gouvernance des données.
De nouveaux mécanismes pour répondre aux besoins croissants
La réunion a également permis d’aborder l’un des principaux enjeux des prochaines années : la diversification des ressources consacrées à la conservation.
En vue des besoins de financement des aires protégées qui demeurent largement supérieurs aux capacités actuelles, plusieurs pistes sont explorées : nouveaux partenariats avec les bailleurs de fonds, mécanismes de financement innovants, mobilisation accrue du secteur privé, et renforcement des financements liés au climat, à la biodiversité et aux services écosystémiques.
Cette dynamique s’inscrit dans la continuité des efforts engagés en 2025, notamment avec la table ronde internationale organisée à Francfort avec la KfW autour du financement durable de la biodiversité à Madagascar.
Parallèlement, les partenariats avec des fondations philanthropiques se développent, à l’image de celui noué avec la Fondation Hempel, qui finance notamment des initiatives de conservation dans les paysages forestiers des baobabs de l’Ouest et d’Ala Hiriky-Mandrare, avec la FAPBM comme mécanisme financier.
2025, une année de rayonnement et de mobilisation
L’année 2025 a également été marquée par la célébration des 20 ans de la FAPBM, temps fort de communication institutionnelle qui a permis de conforter son rôle de financeur souverain et pérenne des aires protégées de Madagascar, notamment à travers son accréditation au Fonds Vert pour le Climat. Sur la scène internationale, la Fondation a porté la voix de Madagascar lors du Congrès mondial de la nature de l’UICN, organisé la Table ronde internationale de Francfort en collaboration avec la banque allemande de développement KfW, et contribué à l’officialisation du Comité national IUCN Madagascar – autant d’initiatives qui ont permis de susciter de nouveaux engagements en faveur du financement durable de la biodiversité.
Ces différents temps forts ont également contribué à renforcer les échanges avec les partenaires et à ouvrir de nouvelles perspectives de mobilisation de ressources pour les Aires Protégées.
Préparer les prochaines années avec les contributeurs
Vers 2030 : consolider et diversifier
La réunion annuelle ne s’est pas limitée au bilan de l’année écoulée. Elle a également permis d’ouvrir les discussions sur les orientations à venir : renforcement de la gouvernance institutionnelle, poursuite de la digitalisation des processus, développement des compétences des équipes, et surtout diversification durable des ressources financières.
En vue des besoins de financement des aires protégées qui demeurent largement supérieurs aux capacités actuelles, plusieurs pistes sont explorées : nouveaux partenariats avec les bailleurs de fonds, mécanismes de financement innovants, mobilisation accrue du secteur privé, et renforcement des financements liés au climat, à la biodiversité et aux services écosystémiques. Le mécanisme de capitalisation progressive du financement de l’Union européenne, dans le cadre du projet FAMINDRA, illustre cette dynamique : il prévoit l’abondement progressive de ressources au capital de la Fondation sur plusieurs années, renforçant ainsi durablement sa capacité de financement.
Le temps consacré à la « Voix des contributeurs » a permis de prolonger ces réflexions à travers un échange direct avec les partenaires de la Fondation.
En clôture, M. Jochen Harnisch, Chef de division Biodiversité et Agriculture pour l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique de l’Est et Madagascar à la KfW, s’exprimant au nom des bailleurs, a salué les résultats présentés et réaffirmé l’importance de la collaboration avec la FAPBM pour le financement durable de la conservation.

Une confiance à faire vivre dans la durée
Vingt ans après sa création, la FAPBM poursuit ainsi son développement avec un objectif central : sécuriser dans la durée les ressources nécessaires au financement des Aires Protégées de Madagascar, tout en renforçant le suivi des résultats et la transparence envers ses partenaires.
Avec 75 Aires Protégées soutenues, plus de 6,2 millions d’hectares couverts et un portefeuille consolidé de 165,2 millions USD, les résultats de 2025 illustrent le chemin parcouru. Ils soulignent aussi l’importance de poursuivre les efforts de mobilisation et de diversification pour répondre aux besoins futurs de la conservation.
Une dynamique qui repose, depuis vingt ans, sur une même conviction : les Aires Protégées sont des sources de vie, et leur avenir dépend de notre capacité collective à les financer durablement.

Une reconnaissance à nos partenaires
La FAPBM adresse ses sincères remerciements à l’État malgache, à travers le Ministère de l’Environnement et du Développement Durable et le Ministère de l’Économie et des Finances, pour leur engagement aux côtés de la Fondation.
Elle remercie également chacun de ses partenaires financiers et contributeurs pour leur confiance et leur engagement en faveur du financement durable des Aires Protégées de Madagascar : la KfW, l’Agence Française de Développement (AFD), l’Union européenne, le Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM), la Banque mondiale, le Fonds Français pour l’Environnement Mondial (FFEM), Conservation International, WWF, la Fondation Hempel et Conservation Allies.
À chacun, merci pour cette confiance et pour votre contribution à la préservation de la biodiversité et des sources de vie de Madagascar.