
Face à une biodiversité exceptionnelle mais soumise à des pressions croissantes, la coordination entre les acteurs devient un enjeu stratégique pour Madagascar. Les 2 et 3 juillet 2026, un atelier national organisé à Anosiala a permis de renforcer les synergies entre les acteurs de la conservation, d’échanger sur les priorités nationales et de consolider la gouvernance du Comité National UICN Madagascar.
Les 2 et 3 juillet 2026, à l’ILO Hotel d’Anosiala Ambohidratrimo, la Fondation pour les Aires Protégées et la Biodiversité de Madagascar (FAPBM), membre du Comité National UICN Madagascar, a co-organisé l’atelier national de coordination et d’orientation stratégique des acteurs de la conservation.
Porté à travers le Secrétariat technique du Comité National, hébergé et soutenu par la FAPBM, en collaboration avec le Ministère de l’Environnement et du Développement Durable (MEDD), les projets de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) à Madagascar et l’ensemble des membres du Comité, l’atelier a réuni les organisations membres de l’UICN, ses Commissions ainsi que les partenaires techniques et institutionnels du secteur.
L’objectif était de renforcer le dialogue entre les acteurs, d’aligner les interventions sur les priorités nationales en matière de biodiversité et de consolider le rôle du Comité National UICN Madagascar comme plateforme de concertation, de partage d’expertise et de mobilisation collective.

Une biodiversité exceptionnelle, un enjeu national et mondial
Madagascar figure parmi les pays les plus riches au monde en matière de biodiversité. Son niveau d’endémisme exceptionnel en fait un patrimoine naturel d’importance à la fois nationale et mondiale.
Lors de l’atelier, Luther Anukur, Directeur régional de l’UICN Afrique, a rappelé que Madagascar abrite près de 5 % de la biodiversité mondiale. Cette richesse constitue un potentiel majeur pour le développement durable du pays, à condition de mieux articuler les objectifs de conservation avec les enjeux économiques et sociaux.
Mais cette richesse naturelle est aujourd’hui confrontée à des pressions multiples et croissantes : déforestation, dégradation des écosystèmes, espèces exotiques envahissantes, changement climatique et pressions croissantes sur les ressources naturelles.
Dans ce contexte, protéger la biodiversité ne peut relever de la seule action d’un acteur ou d’un secteur. La réponse doit être collective, coordonnée et fondée sur des priorités partagées.
L’enjeu est également de mieux faire reconnaître la contribution de la biodiversité au développement. La conservation peut contribuer à la création d’emplois, à l’amélioration des revenus et au renforcement des moyens de subsistance, notamment dans les territoires où les populations dépendent directement des ressources naturelles.

Mieux coordonner les acteurs pour renforcer l’impact de la conservation
C’est dans cette perspective que l’atelier national a réuni les différents acteurs de la conservation autour des priorités nationales et internationales.
Les échanges ont notamment porté sur la Stratégie et le Plan d’Actions National pour la Biodiversité (SPANB), les Autres Mesures de Conservation Efficaces par zone (AMCE/OECM), la conservation des espèces et des écosystèmes terrestres, marins, côtiers et aquatiques, les espèces exotiques envahissantes ainsi que l’utilisation durable des ressources naturelles.
Ces discussions répondent à un besoin central : mieux articuler les initiatives, les expertises et les interventions pour contribuer plus efficacement aux objectifs de conservation de Madagascar.
L’alignement avec la SPANB constitue notamment un levier important pour assurer une meilleure cohérence entre les interventions des différents partenaires et les priorités définies au niveau national. Il contribue également à renforcer la cohérence de la contribution de Madagascar à la mise en œuvre de ses engagements internationaux, notamment dans le Cadre mondial de la biodiversité.
Au-delà des projets individuels, l’ambition est donc de renforcer les mécanismes de collaboration et de faire du Comité National UICN Madagascar un espace durable de dialogue, de partage d’expertise et de mobilisation collective.

Une nouvelle gouvernance pour le Comité National UICN Madagascar
Le deuxième jour de l’atelier a également été consacré à l’Assemblée Générale du Comité National UICN Madagascar.
Cette rencontre a marqué une étape importante dans la gouvernance du Comité avec l’élection de Manantsoa Tiana Andriatsihoarana à la tête du nouveau Comité exécutif. Celui-ci aura notamment pour rôle de renforcer la coordination des actions de conservation et de contribuer à la dynamique collective des membres du Comité au cours des prochaines années.
Cette nouvelle gouvernance s’accompagne d’une volonté de structurer davantage les mécanismes de collaboration, notamment à travers la mise en place de sous-comités thématiques et l’élaboration d’un plan d’action prioritaire.
L’objectif est de faire évoluer la coordination vers une dynamique plus opérationnelle, capable de rapprocher les expertises disponibles, de favoriser les collaborations et de mieux répondre aux priorités de la biodiversité à Madagascar.

Faire de la conservation un levier de développement pour les communautés
La coordination entre les acteurs n’a de sens que si elle permet, à terme, d’améliorer les résultats de la conservation sur le terrain.
Lors des échanges, le MEDD a notamment souligné la nécessité de mieux harmoniser les différents projets de l’UICN à Madagascar avec les priorités du Gouvernement. Cette meilleure articulation doit permettre de renforcer la cohérence des interventions et leurs retombées concrètes pour les populations locales.
Le développement du capital humain, la création d’emplois verts et l’amélioration des moyens de subsistance doivent ainsi davantage être intégrés aux futurs projets. L’objectif est que les communautés vivant autour des espaces naturels deviennent davantage bénéficiaires et actrices des opportunités générées par la conservation.
Cette vision permet de replacer la biodiversité au cœur des enjeux de développement. Préserver un écosystème, ce n’est pas seulement protéger une espèce ou un espace : c’est aussi préserver les ressources et les opportunités dont dépendent les populations.
Pour Madagascar, où de nombreuses communautés sont directement liées aux ressources naturelles, cette articulation entre conservation, développement économique et amélioration des conditions de vie constitue un enjeu majeur.

La FAPBM, un acteur engagé dans la coordination nationale
Pour la FAPBM, la participation au Comité National UICN Madagascar s’inscrit dans une approche qui complète son mandat de financement durable des aires protégées.
En hébergeant et en soutenant le Secrétariat technique du Comité National, la Fondation contribue à créer un cadre permettant aux différents acteurs de dialoguer, de partager leurs expertises et de renforcer la cohérence de leurs interventions.
Cette implication traduit une conviction : le financement de la conservation doit s’accompagner d’une coordination efficace des acteurs et d’une vision partagée des priorités.
L’atelier des 2 et 3 juillet, cofinancé par Conservation Allies, la FAPBM et les projets de l’UICN, a ainsi permis de poser plusieurs bases pour la suite : une gouvernance renouvelée, des priorités de collaboration renforcées et une volonté commune de passer d’une logique d’interventions dispersées à une dynamique davantage coordonnée et collective en faveur de la biodiversité.

Une dynamique collective pour relever les défis de la biodiversité
Les travaux de l’atelier ont rappelé une réalité essentielle : face à l’ampleur des défis environnementaux, aucun acteur ne peut agir seul.
La richesse naturelle de Madagascar constitue à la fois une responsabilité et une opportunité. Sa préservation nécessite de mobiliser les institutions publiques, les organisations de conservation, les experts, les partenaires techniques et financiers, mais également les communautés et le secteur privé autour d’objectifs communs.
Le renforcement du Comité National UICN Madagascar s’inscrit dans cette dynamique. En créant davantage de passerelles entre ses membres, ses Commissions, les institutions nationales et les partenaires, le Comité entend contribuer à une action de conservation plus cohérente et mieux connectée aux réalités des territoires.
À travers cette nouvelle étape de sa gouvernance, le Comité National UICN Madagascar entend ainsi contribuer à une ambition commune : faire de la conservation de la biodiversité non seulement une priorité environnementale, mais aussi un véritable levier de développement durable pour Madagascar, au bénéfice des générations actuelles et futures.
