
Dans un contexte où les défis environnementaux exigent des réponses toujours plus coordonnées et efficaces, la Fondation pour les Aires Protégées et la Biodiversité de Madagascar (FAPBM) et le Ministère de l’Environnement et du Développement Durable (MEDD) ont tenu une réunion stratégique de haut niveau, marquant une étape importante dans l’évolution des politiques publiques environnementales du pays.
Vers une gouvernance environnementale plus coordonnée
Cette rencontre entre Nolave Luck Aristide Andriatsihala, Ministre de l’Environnement et du Développement Durable, et Dr. Rija Ranaivoarison, Directeur Exécutif de la FAPBM, illustre une volonté partagée de renforcer la cohérence, l’efficacité et l’impact des actions menées en faveur de la biodiversité malgache. Au-delà d’un échange institutionnel, elle traduit une convergence stratégique vers une gouvernance environnementale plus intégrée, articulée autour de résultats concrets et durables.
Renforcement des capacités : un levier clé pour la conservation
Parmi les priorités discutées, le renforcement des capacités des acteurs du secteur apparaît comme un levier central. Le programme Competency Development, financé par la Fondation Hempel et mis en œuvre avec l’appui de la FAPBM, s’inscrit pleinement dans cette logique. En ciblant les gestionnaires d’aires protégées ainsi que les leaders communautaires, il vise à structurer durablement les compétences nationales et à améliorer la performance globale du système de conservation. Cette approche, développée en collaboration avec le MEDD et le Ministère de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle (METFP), permet de renforcer l’impact des investissements en assurant une meilleure appropriation des outils et des pratiques sur le terrain.

Des réponses opérationnelles face aux feux de brousse
La rencontre a également permis d’aborder des réponses opérationnelles face aux pressions croissantes qui pèsent sur les écosystèmes, notamment en matière de lutte contre les feux de brousse. Dans cette optique, une collaboration avec le Ministère de la Défense est envisagée pour mobiliser des moyens aériens, incluant des hélicoptères équipés de dispositifs de type Bambi bucket. Cette orientation marque une avancée vers des dispositifs d’intervention plus rapides, mieux ciblés et adaptés aux réalités des zones difficiles d’accès.

Renforcer l’intégrité et l’efficacité de l’action environnementale
Au-delà des enjeux opérationnels, les discussions ont mis en évidence l’importance de renforcer l’intégrité et l’efficacité du système de gestion environnementale. Le partenariat entre la FAPBM et Conservation Allies s’inscrit dans cette dynamique, en appui au MEDD. En mobilisant des institutions telles que le BIANCO et SAMIFIN, cette collaboration vise à consolider les capacités des agents et à renforcer les mécanismes de lutte contre la corruption et les flux financiers illicites. L’objectif est de garantir une gestion plus transparente, sécurisée et orientée vers des résultats mesurables sur le terrain.

Le capital naturel au cœur des politiques de développement
Par ailleurs, l’intégration du capital naturel dans les politiques publiques a été réaffirmée comme un axe stratégique majeur. Dans un pays où la biodiversité constitue un atout unique à l’échelle mondiale avec un taux d’endémicité de 80%, cette approche vise à repositionner les ressources naturelles comme un levier de développement économique et de résilience des communautés. La prise en compte des services écosystémiques dans les décisions économiques contribue ainsi à inscrire la conservation dans une vision de développement durable, en phase avec les enjeux nationaux et internationaux.

Mobilisation nationale autour des enjeux environnementaux
Enfin, la préparation de la Journée mondiale de l’environnement a permis de souligner l’importance d’une mobilisation collective, associant institutions publiques, partenaires et citoyens, autour des enjeux de préservation de l’environnement.
Une dynamique renforcée pour un impact durable
Cette rencontre marque ainsi une étape significative dans la consolidation d’une gouvernance environnementale plus structurée et orientée vers l’impact. Elle témoigne d’une volonté commune de renforcer les capacités institutionnelles, d’améliorer la coordination intersectorielle et de valoriser le capital naturel comme un pilier du développement durable à Madagascar. Pour la FAPBM et ses partenaires, elle constitue également un signal fort en faveur d’un engagement durable, fondé sur la transparence, l’efficacité et des résultats concrets au bénéfice des écosystèmes et des communautés.