Publié le 8 juillet 2022

Antananarivo, le 7 juillet 2022 – La Fondation pour les aires protégées et la Biodiversité de Madagascar (FAPBM) et Madagascar National Parks (MNP) ont présenté le 7 juillet les résultats d’une étude sur la contribution économique des aires protégées de Madagascar, réalisé grâce à l’appui de KfW et du projet USAID Hay Tao.

À Madagascar, l’importance économique et sociale de nos aires protégées est méconnue ou largement sous-estimée. De cette méconnaissance surviennent fréquemment des remises en cause de l’utilité des aires protégées. Devons-nous maintenir nos aires protégées ? Si oui, pour quelles raisons ? Le livre blanc, synthèse de l’étude, fournit des éléments de réponse. L’étude a quantifié chacun des services et produits de la nature fournis par les aires protégées de Madagascar à l’échelle locale, nationale et mondiale : l’eau, la protection de la faune, la régulation du climat, etc. Intitulé “Nos aires protégées sont vitales pour notre développement”, ce document s’adresse aux forces vives de la nation qui tiennent entre leurs mains les destins de nos populations : les autorités, la société civile, les hommes d’églises, les médias, les intellectuels, la jeunesse, etc. Il a été conçu pour les aider à intégrer au mieux la valeur des aires protégées dans la prise de décision politique et financière. Il est grand temps de mettre les aires protégées dans le cœur des malagasy et au centre des décisions nationales et locales pour une croissance économique durable.

Le niveau local : Les aires protégées sont essentielles pour la vie et le bien-être de la population locale. La contribution économique locale des aires protégées est estimée à environ 500 millions USD/an. Ceci représente une moyenne de 80 USD/ha/anL’eau que les communautés boivent et qui irrigue leurs champs, la nourriture qu’elles consomment, le bois de chauffage/de cuisson qu’elles utilisent et les médicaments traditionnels qui les soignent proviennent directement ou indirectement des aires protégées et des écosystèmes contigus. Les écosystèmes naturels préservent et génèrent ainsi des ressources naturelles indispensables pour les communautés locales. Plus encore, les aires protégées procurent des bénéfices en termes de santé à la population locale et sont gardiennes des traditions en abritant plusieurs sites cultuels et culturels. 

 

Le niveau national : Les aires protégées contribuent aux secteurs économiques nationaux clés. La contribution économique nationale des aires protégées à Madagascar représente environ 450 millions USD/an, soit une moyenne de 59 USD/ha/anParmi les intrants essentiels qui soutiennent les économies, un nombre remarquablement élevé provient des aires protégées. Les secteurs économiques circulaires importants du tourisme, de l’énergie, de l’environnement, de la santé, de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche bénéficient à plusieurs niveaux du réseau des aires protégées de Madagascar : 

  • Eau : Les sources hydrauliques issues des aires protégées approvisionnent en eau potable les communautés locales ainsi que les populations des grandes villes ;
  • Énergie : Les aires protégées sécurisent les sources et les bassins-versants à proximité des stations hydroélectriques contre l’ensablement et le tarissement d’eau ; 
  • Tourisme : L’écotourisme dans les aires protégées favorise la création d’emplois verts à la fois directs et indirects et contribue à pourvoir des devises ; 
  • Agriculture : Les aires protégées appuient la résilience agricole sous différentes formes, comme la distribution de semences ou plantules, l’irrigation agricole, le contrôle de l’érosion des sols et la pollinisation des cultures ;
  • Pêche : Les AMP, les lacs et réservoirs au sein des zones humides protégées contribuent à la durabilité de rendement de la pêche et au développement de l’économie bleue ;
  • Environnement et climat : Les aires protégées captent et stockent un volume considérable de carbone qui pourrait être vendu sur le marché international du carbone et devenir une source non négligeable de financements et d’emplois, à travers des activités de conservation des écosystèmes.

 

Le niveau mondial : Les aires protégées atténuent le réchauffement climatique. La contribution économique mondiale du réseau des aires protégées de Madagascar, s’il est géré durablement, se situe autour de 7,74 milliards d’USD par an, soit 1017 USD/ha/anRien qu’en matière de régulation climatique, la capacité des aires protégées à capter et stocker le carbone engendrerait une valeur ajoutée autour de 6,25 milliards USD/an ou 821 USD/ha/an environ. Grâce au taux d’endémicité élevé de leur biodiversité, les aires protégées de Madagascar contribuent à la conservation de patrimoines mondiaux et des ressources génétiques, qui pourraient être valorisées pour des solutions d’ordre médicales, cosmétiques, ou autres. À cela, s’ajoutent les bénéfices d’ordre culturel qui comprennent les apports de nos aires protégées à la recherche scientifique, à l’essor du tourisme international et au développement des industries créatives en inspirant films, animations et documentaires. 

 

ÉTANT DONNÉ QUE NOS AIRES PROTÉGÉES RAPPORTENT DE LA VALEUR, NOUS DEVONS AGIR POUR LES CONSERVER ET LES VALORISER.

La biodiversité conservée au sein des aires protégées de Madagascar représente un capital naturel précieux qui dispose d’un fort potentiel pour soutenir la croissance économique durable du pays. Pour cela, il nous faut :

  • Maintenir et développer le réseau des aires protégées de Madagascar :
    • Protéger les zones clé pour la biodiversité (ZCB) ;
    • Développer une stratégie ambitieuse pour le Système des Aires Protégées de Madagascar (SAPM) ;
    • Renforcer le plaidoyer auprès des acteurs majeurs de la Nation ;
  • Mettre en œuvre des solutions de financement durable pour le fonctionnement efficace du réseau des aires protégées :
    • Mobiliser les initiatives globales de financement durable et les grands donateurs ;
    • Adopter des solutions financières innovatrices ;
  • Agir dans l’intérêt des communautés locales :
    • Mettre en place des mécanismes pour redistribuer équitablement les bénéfices aux communautés ;
    • Intégrer le secteur privé, facteur clé de succès des chaînes de valeurs ;
    • Renforcer la capacité des communautés à gérer les aires protégées.

« Cette étude s’attaque à deux mythes. Le premier : les services et produits fournis gratuitement par la nature sont sans valeur et de ce fait, leur protection coûte plus qu’elle n’apporte. Or, ceci n’est pas la réalité. La nature nous fournit des services et produits d’une valeur considérable, qui excède de loin le coût de sa protection. Le second : ces ressources seraient intarissables. Or si les aires protégées ne sont pas gérées efficacement, les ressources qu’elles abritent, ces ressources peuvent se tarir. L’exemple de la forêt du Corridor Zahamena – Ankiheniny où la déforestation a impacté sur la capacité d’Andekaleka à fournir de l’énergie, est un exemple frappant. La question qui se pose est don si les aires protégées venaient à disparaitre, serions-nous en mesure de compenser les services qu’ils fournissent ? Si oui, à quel prix le pourrions-nous ?», a énoncé Madame Nanie Ratsifandrihamanana, Présidente du Conseil d’Administration de la FAPBM.

« Les résultats de cette étude présentent les valeurs bénéfiques pour Madagascar et sont un appel aux forces vives de la nation à préserver davantage le capital naturel au sein des aires protégées qui est un levier de développement économique du pays par le biais des activités durables de plusieurs secteurs. Tous, secteur privé, responsables politiques, société civile devront veiller à l’utilisation rationnelle et durable de ce capital et une redistribution équitable des bénéfices pour réussir le développement économique et local. », ont été les propos de M. Razafindralaisa Hariniaina Léon, Directeur des Opérations et Directeur Général par intérim de Madagascar National Parks.

A propos de la Fondation pour les Aires Protégées et la Biodiversité de Madagascar
Créée en 2005, la FAPBM est un Fonds fiduciaire privé malagasy dédié à la conservation de la biodiversité de Madagascar. Sa mission est de soutenir la conservation de la biodiversité et ses services écosystémiques par la promotion et le financement de l’expansion, de la création, de la protection et de l’amélioration du Système des Aires Protégées de Madagascar (SAPM).
www.fapbm.org

A propos de Madagascar National Parks
Madagascar National Parks est une association de droit privé malagasy à but d’utilité publique qui a reçu en 1991 un mandat de l’État pour gérer les 43 Aires Protégées de Madagascar. Sa mission est d’établir, de conserver et de gérer de manière durable, un réseau national de Parcs et Réserves, représentatifs de la diversité biologique et du patrimoine naturel propres à Madagascar.
www.parcs-madagascar.com

1 1 987,5 milliards MGA
2 1 800 milliards MGA
3 30 766,5 milliards MGA
4 24 688 milliards MGA/an ou 3,243 millions MGA/ha/an