Publié le 23 décembre 2022

Montréal, 10 décembre 2022 – Le ministère malgache de l’Environnement et du Développement Durable a lancé aujourd’hui la Coalition malgache pour les aires protégées lors d’un événement parallèle à la Conférence des Nations Unies sur la biodiversité (COP15).

Madagascar compte 123 aires protégées réparties sur l’ensemble du territoire national, dans des endroits qui méritent d’être protégés car ils représentent la diversité biologique et le patrimoine naturel du pays et apportent des solutions naturelles aux besoins de développement économique durable du pays.

 

Depuis la vision de Durban en 2003 de tripler les aires protégées de Madagascar jusqu’à la promesse de Sydney en 2014 de renforcer les aires marines protégées, le gouvernement malgache et les organisations non gouvernementales ont travaillé à la création et à la gestion du système de parcs et de réserves à travers la nation. Soutenus par des donateurs internationaux pour la plupart, des milliers d’experts locaux compétents et dévoués, travaillant sans relâche avec les communautés locales, les impacts sur les bénéficiaires commencent à se faire sentir dans certaines des aires protégées. Ces réussites permettent de comprendre comment la protection des écosystèmes génère de multiples avantages pour la nation, voire pour la planète.

 

Alors que plusieurs aires protégées à Madagascar commencent à montrer des bénéfices multiples pour notre peuple et la planète, nous sommes heureux de voir que nos acteurs très compétents dans le domaine de la conservation s’unissent pour augmenter efficacement les efforts et les ressources sur l’ensemble des 123 aires protégées du pays“, a souligné M. Rinah Razafindrabe, Directeur Général de la gouvernance environnementale en tant que représentant du Ministre de l’Environnement et du Développement Durable, Mme Marie-Orléa Vina lors de son discours d’introduction.

 

Malheureusement, alors que la situation économique de Madagascar continue de se dégrader, les organisations de conservation à Madagascar sont de plus en plus confrontées à des difficultés dans leurs efforts de gestion des aires protégées dans tout le pays. Ceci a fourni des arguments solides pour construire une coalition forte capable de conduire le changement du XXIe siècle vers l’intégration de la conservation au développement économique.

 

Madagascar a presque tout ce dont elle a besoin pour réaliser sa stratégie numéro un de protection de la biodiversité. Maintenant tout ce qui reste nécessaire est de réunir les ressources financières adéquates et la volonté politique pour permettre la mise à l’échelle du succès sur l’ensemble du système des 123 aires protégées du pays. Ce sera l’objectif commun de la nouvelle Coalition pour les Aires Protégées de Madagascar.

 

” Que faisons-nous ? Nous assurons un financement à long terme par le biais de deux partenaires, la FAPBM […] Madagascar National Parks […]. Nous sommes très motivés à continuer de travailler avec ces partenaires car ils font preuve d’un très haut niveau d’engagement et ont également amélioré leurs performances de manière significative. […]Nous sommes de fervents supporters de la coalition pour les aires protégées, c’est une grande initiative pour rassembler les amis nationaux et internationaux de Madagascar et nous sommes très heureux de faire partie de cette initiative et d’apporter notre contribution.”. Tel était l’appel à l’action que Mme Barbara Schnell, Directrice de la politique sectorielle de la KfW, a adressé aux donateurs.

 

À partir de la COP15 de la CDB (Convention sur la Biodiversité) à Montréal, le ministère, ainsi que plusieurs membres de la Coalition, mettront en avant la valeur de l’investissement dans les aires protégées de Madagascar en tant qu’agents de changement pour la réduction de la pauvreté des communautés locales et le développement durable des économies locales et régionales.

 

A propos de la Coalition malgache pour les aires protégées

 

La Coalition est une plateforme de confiance pour la collaboration, mettant en œuvre des solutions pour les besoins de Madagascar à travers la gestion des Aires Protégées – les agents du changement.

 

L’un des partenaires de la coalition est Madagascar National Parks (MNP), une association de droit malgache d’utilité publique qui en 1991 a reçu de l’État un mandat pour gérer les 43 aires protégées qui existaient alors à Madagascar. Il y a aussi la Fondation pour les Aires Protégées et la Biodiversité de Madagascar (FAPBM), un fonds fiduciaire privé malgache dédié à la conservation de la biodiversité de Madagascar. Il existe également un grand nombre d’ONG locales et internationales dont les efforts stratégiques contribuent de manière significative à la gestion des aires protégées.

 

À partir de 2023, différentes organisations vont progressivement faire front commun pour joindre leurs efforts de communication derrière un nouveau discours afin de renforcer le soutien des donateurs et d’autres publics. Grâce au soutien de la KfW, les hauts dirigeants et les experts en communication des membres de la coalition pourront bénéficier d’un appui pour réussir et augmenter le soutien financier et politique pour l’ensemble des 123 aires protégées du Système des Aires Protégées de Madagascar.

 

À partir du premier trimestre 2023, des efforts conjoints pour la mobilisation des ressources financières seront mis en œuvre, afin que la réalisation des différents objectifs de chaque membre de la coalition puisse s’accélérer efficacement. Grâce à la coordination de la FAPBM&MNP, une campagne de collecte de fonds sera menée au cours de la période 2023-2025.

 

A propos de la stratégie de Madagascar pour protéger la biodiversité

Madagascar, la quatrième plus grande île du monde, possède une diversité d’espèces sauvages extrêmement élevée et abrite de nombreux types d’écosystèmes et de paysages différents. La biodiversité de Madagascar représente 5 % de la biodiversité mondiale.

 

Reconnaissant l’importance de sauvegarder les zones de biodiversité, le Gouvernement Malgache a créé un système d’aires protégées composé de 123 aires protégées qui couvrent 6 233 317 ha d’écosystèmes terrestres et 1 379 029 ha d’écosystèmes marins (y compris intertidaux). Un projet en cours vise à tripler les aires marines protégées avant 2026. Ce système d’aires protégées forme le plus grand capital naturel du pays et a été décrit comme un “trésor national inestimable” et une “valeur nationale et mondiale incommensurable”, en tant que bien national et mondial.

 

Malheureusement, la gestion efficace du système d’aires protégées est mise à mal. À Madagascar, plusieurs régions sont confrontées à des défis en matière de développement durable et les aires protégées sont considérées comme des obstacles à la croissance. Malgré un portefeuille de financement important pour les aires protégées de Madagascar, l’autofinancement du réseau des 123 aires protégées actuelles reste un défi majeur. La pandémie de COVID-19 a aggravé cette situation avec la perte des revenus provenant du tourisme, une augmentation des pressions dues à la réduction de la production économique, et une évolution de la migration des populations des régions méridionales du pays. La contribution de ces endroits à la compensation des impacts du changement climatique et au soutien d’une croissance économique régionale durable est en danger.