Publié le 23 décembre 2022

Des débuts d’exploitation illégale de cristal et des faits de défrichement ont menacé les forêts d’Ambatovaky. Pour contrecarrer l’expansion de ces pratiques illégales, le gestionnaire de l’aire protégée, Madagascar National Parks, a soumis une demande de Fonds d’intervention Spéciale à la FAPBM. La demande lui a été accordée afin d’intensifier les patrouilles à l’intérieur de l’aire protégée.

 

Ambatovaky (Est de Madagascar, Région Analanjirofo) abrite des forêts denses humides dont une des fonctions principales est les sources d’eau qui alimentent les populations des régions environnantes.

 

Exploitation minière illégale et défrichement dans l’aire protégée

 

Avant le mois de novembre 2022, les patrouilleurs d’Ambatovaky ont découvert une exploitation de cristal dans l’aire protégée, pour la première fois en cinq ans. Les mineurs ont abattu des arbres aux alentours du périmètre d’exploitation de cristal et divers trous ont été trouvés avec des restes de cristal. Une mission de brigade mixte a été dépêchée et les transporteurs ont été arrêtés puis déférés au niveau du tribunal de première instance de Fénérive Est. Par contre, les mineurs n’ont pas pu être appréhendés et menacent de revenir pour poursuivre l’exploitation dans la réserve.

 

Au cours des mêmes patrouilles, des défrichements importants au niveau des forêts primaires (jusqu’à 6 ha sur une localité) ont été constatés. Ces défrichements sont souvent signe de tavy. Pratiques ancestrales, le tavy ou hatsake, traduit comme culture sur brulis, nécessitent un défrichage de la forêt afin d’y mettre le feu, les cendres participant ainsi à la fertilisation du sol. Mais, après quelques cycles de cultures, la terre s’appauvrit et contraint les familles à défricher de nouvelles parcelles et ainsi de suite. Généralement, le tavy est appliqué au mois de novembre et décembre, juste avant la saison des pluies.

 

Une solution en urgence

 

Les alertes réalisées par les patrouilleurs ont permis de fournir des solutions en urgence avant que la situation ne s’empire. Une partie des financements va permettre de renforcer les patrouilles de brigade mixte dans l’aire protégée. Une surveillance soutenue du périmètre et la présence continue des brigades mixtes spéciale devrait conduire à terme à un déguerpissement et/ou arrestation des délinquants. Parallèlement, les patrouilleurs auront à mener des activités de sensibilisation dans les villages environnants. Une autre partie servira à mener le remblayage des trous abandonnés et la restauration des forêts dégradées.

 

Le Fonds d’Intervention Spéciale (FIS) est un fonds destiné à permettre à tout gestionnaire d’aire protégée de remédier à des menaces ponctuelles, imprévisibles et urgentes mettant en péril la viabilité d’une cible particulière (un habitat, une espèce de faune ou de flore) ou l’intégrité écologique de l’aire protégée en général. Le fonds sert principalement à financer une ou des activités ne figurant pas initialement dans le plan de travail annuel du gestionnaire, mais dont la mise en œuvre s’avère primordiale pour faire face à une situation imprévue (généralement une pression/une menace) survenant en cours de l’année.