
La Stratégie Nationale de Financement Intégré du Développement Durable (SNFI-DD), finalisée en février 2026, marque un tournant décisif pour Madagascar. Sous le leadership du Ministère de l’Économie et des Finances, avec l’appui du PNUD, ce cadre national vise à sortir d’une approche fragmentée du financement pour instaurer une gestion cohérente, prévisible et alignée sur les priorités nationales et l’Agenda 2030.
Gouvernance et Redevabilité
La mise en œuvre est pilotée par une cellule technique intersectorielle au sein du Ministère de l’Économie et des Finances. Elle s’appuie sur une feuille de route rigoureuse exigeant une transparence absolue, notamment par la publication des contrats miniers et d’infrastructures, afin de restaurer la confiance des partenaires internationaux

Les piliers de la stratégie
La SNFI-DD repose sur trois leviers de financement majeurs pour combler le déficit de financement des Objectifs de Développement Durable (ODD) :
- Financements publics : L’objectif est de porter la pression fiscale à 13 % du PIB d’ici 2028 (contre environ 10 % actuellement) en élargissant l’assiette fiscale, en digitalisant les recettes et en réduisant les exonérations inefficaces.
- Financements privés : La stratégie vise à catalyser l’investissement domestique et étranger (IDE) par un environnement des affaires plus sécurisé, le renforcement des partenariats public-privé (PPP) et une meilleure implication de la diaspora.
- Financements innovants : Madagascar prévoit de diversifier ses ressources via la finance mixte (blended finance), les obligations thématiques (vertes, sociales, bleues) et les marchés carbone pour valoriser son capital naturel exceptionnel.
Climat et Biodiversité : Au cœur de la transformation
L’intégration du climat et de la biodiversité est définie comme l’un des leviers transversaux les plus urgents. La SNFI-DD impose désormais le marquage budgétaire vert pour suivre les dépenses environnementales et exige une évaluation de la vulnérabilité climatique pour tout investissement public majeur. L’ambition est de transformer la conservation en opportunités économiques durables pour les communautés locales

La FAPBM : une infrastructure financière stratégique pour le capital naturel
À cet égard, la FAPBM s’inscrit pleinement dans cette dynamique. À travers son modèle de fonds fiduciaire, elle œuvre depuis plus de 20 ans à sécuriser des financements durables pour la conservation des aires protégées et de la biodiversité de Madagascar.
En tant que fonds fiduciaire dédié à la conservation, les actions de la FAPBM illustrent concrètement plusieurs principes portés par la SNFI-DD :
- La sécurisation des financements pérennes pour les aires protégées ;
- Le financement à impact à travers l’efficacité de mécanismes innovants ;
- L’alignement entre conservation et développement pour générer des résultats concrets en matière de protection de la biodiversité.
Aujourd’hui, la FAPBM est également engagée dans une optique de diversification de ses financements, rejoignant l’ambition de la SNFI-DD d’améliorer l’efficacité et l’impact de chaque ressource mobilisée.
Ainsi, l’approche de la SNFI-DD et celle de la FAPBM sont convergentes, la Fondation traduisant les orientations nationales en actions concrètes pour préserver le capital naturel exceptionnel du pays.

Vers une opérationnalisation de la SNFI-DD pour le capital naturel
Avec la SNFI-DD, Madagascar se dote d’un cadre ambitieux pour repenser son modèle de financement. Dans ce contexte, des institutions comme la FAPBM jouent un rôle clé en traduisant les orientations nationales en actions concrètes sur le terrain. Cette complémentarité est essentielle pour réussir le défi commun : financer efficacement le développement tout en préservant le capital naturel du pays.
À moyen terme, elle pourrait évoluer vers un rôle de plateforme nationale de référence pour le financement du capital naturel, notamment dans le cadre des marchés carbone, des obligations vertes et des initiatives internationales telles que le Global Biodiversity Framework Fund (GBFF) ou les mécanismes liés à l’Article 6 de l’Accord de Paris.